Vigneault, la bacaisse, et l’effondrement d’un concept linguistique

Vigneault, la bacaisse, et l’effondrement d’un concept linguistique

Heille. Le saviez-vous, vous, ce que ça voulait dire, swingue la bacaisse dans le fond de la boîte à bois?

Moi non plus. Mais l’image que j’en avais avait, disons, un certain côté ludique. Il y avait de la danse, bien entendu, parce que quand on swingue, ben, c’est ça. On bouge.

Mais, comment dire, la bacaisse, c’est le gros cul de quelqu’un, ça non?

Non? Ah bon.

C’est en écoutant mon ballado préféré l’autre matin en faisant mon jogging que j’ai découvert ça. Lors du segment « Chantons avec Simon », que j’adore, soit dit en passant. Il chante avec tellement de joie et d’allégresse qu’on lui pardonne volontiers ses fausses notes.

Cette semaine, il décortiquait une chanson de Gilles Vigneault qui date des années 50. Une affaire de danse, de gigue, et de violonneux. Qui non seulement met en scène des gens qui ont existé pour vrai à Natashquan (même que certains sont encore de ce monde, pardi) mais qui en plus contient toutes sortes d’expressions d’antan qui débordent de poésie québéco-française. C’est d’une beauté et d’une tendresse remarquables.

C’est vers la fin du segment qu’on s’attarde à expliquer ce que ça mange en hiver, une bacaisse. Qu’on peut aussi épeler baquaisse, mais qu’importe. Il s’agit en fait d’une espèce de couverture dont les gens se servaient pour apporter le bois de chauffage à l’intérieur. Question de ne pas scratcher le plancher, j’imagine.

Swinguer la bacaisse, donc, ça veut dire ranger ses outils de travail et se mettre en mode party.

Rien de nécessairement ludique là-dedans. Eh misère. C’est tout un monde imaginaire et linguistique qui vient de s’effondrer…

Late August sun

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Yes we have no plastic bags — Sobeys

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