Quelqu’un demandait quelle phrase de vos parents fut la plus marquante.

“Personne ne vit de sa plume.” C’est ce qu’on m’a dit et répété lorsque je partageais mon rêve d’être écrivain. Il n’y a que les gens exceptionnels qui arrivent à en vivre. Toi, tu devrais faire quelque chose de plus pratique, qui te donnera un salaire respectable, de la sécurité, enfin tu sais, les choses nécessaires.

Il ne leur est jamais venu à l’esprit que l’écriture m’était plus nécessaire que la sécurité. Ça m’a pris 30 ans à en revenir. Je commence ma vraie vie d’écrivain sur le tard, mais comme on dit, oh, vous savez ce qu’on dit.

La leçon que j’en tire, et que je pratique avec mes filles aujourd’hui: il ne faut jamais démolir le rêve ou l’ambition d’une jeune personne. Certes, il peut être utile de mentionner les défis et difficultés qui joncheront la route choisie. Mais il ne faut jamais leur faire choisir une autre route parce que nous on a peur de l’avenir.