Qu’est-ce que ça m’apporte d’écrire un livre

Qu’est-ce que ça m’apporte d’écrire un livre

En fait, c’est plutôt le contraire. Écrire un livre est une excellente façon de me débarrasser d’un fardeau qui m’afflige.

Que je m’explique.

Écrire, je l’ai déjà dit, c’est plus qu’une habitude ou une profession pour certains d’entre nous. C’est une nécessité. Je l’ai déjà comparé à un pétage de boutons.

Imaginez le plus gros comédon que vous n’avez jamais vu. Il est gros, plein de pus, tout blanc presque électrique. Il fait mal. Mais il refuse d’éclore et de vous libérer les pores.

C’est ça, un livre. Un gros bouton plein de méchant qui refuse de s’en aller.

Il y a plusieurs façons de s’en libérer. On peut, par exemple, écrire une belle grosse montée de lait et la publier dans le vif du moment. Ça vous requinque le moral comme c’est pas permis, ça, je vous en passe un papier. Je le sais pour l’avoir fait plus souvent qu’à mon tour. La patience, ce n’est pas quelque chose qui me vient naturellement, mettons. Ça fait du bien, comme de mettre des gants de boxe et de frapper le punching bag pendant une heure. On sort du gym en sueur, les épaules mortes, les jambes qui tremblent comme des feuilles, épuisé mais oh combien soulagé.

Sauf que comme boxer pendant une heure, ça fait mal en mautadit le lendemain. Des fois, on regrette d’y être allé un peu trop fort. On s’est défoulé, on s’est lâché lousse, mais là, dans la lumière crue du lendemain de veille, on réalise qu’on aurait peut-être pu emprunter un autre chemin, choisir une autre méthode. Quelque chose de moins violent, genre. Mais d’aussi percutant. En moins douloureux. (Si j’osais, je dirais « quelque chose de plus intelligent » mais ca reviendrait à dire que je manque régulièrement de jugeote et, euh, ben voilà.)

L’écriture du livre, ça revient à prendre un beau bistouri bien tranchant et faire une incision toute fine exactement là où c’est le plus efficace. Une minuscule incision qui a la particularité de nous libérer de notre poison, lentement, sûrement, et sans dommage à long terme.

Écrire un livre, ça prend de la patience, du savoir-faire, une organisation interne du materiel, une compréhension de ce qui nous embête et nous empêche de dormir, ainsi qu’un plan plus ou moins précis qui nous permettra d’arriver là où on le souhaite sans se perdre ni s’embourber dans les marécages qui apparaissent partout sans avertissement.

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Il y a aussi bien entendu des aspects, disons, plus positifs à l'écriture d’un livre. Quand un lecteur vous envoie un message disant que ce vous avez écrit l’a aidé dans sa vie personnelle. Que ça lui a permis de comprendre quelque chose à la vie qu’il mène Qu’il vous est reconnaissant d’avoir écrit ce livre pour lui.

C’est assez rare, que ça arrive. Mais chaque fois, c’est magique.

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