It’s Christmas soon, my least favourite time of the year.

Yes, I hate it.

No, it’s not a new thing. In fact, re-reading some of my old stuff recently, I note with something resembling mirth that I could sure rant about this topic when I was still young and fresh. So it’s not age that’s making me grumpy.

Below is a piece I wrote 20 years ago for the Québécois Libre webzine. You need to be decent in Quebec French to get all the jokes, but I think the scorn should show through pretty easily. It’s entitled “Père Bébelles”, and that sums it up quite nicely.


C'est drôle, j'ai l'impression que vous commencez à me connaître un peu mieux, maintenant. Remarquez, c'est bien normal, depuis le temps que je vous scribouille sans complexe mes petites montées de lait...   

Alors, étant donné que ceci est un numéro spécial du temps des Fêtes, permettez que je vous étale quelques confidences supplémentaires. Laissez-moi le plaisir d'enlever le petit chou qui retient le noeud sur la boîte des mes émotions, et de vous déballer gentiment une autre facette de mon moi-même.   

Je n'ai aucune idée si ce qui suit a un rapport quelconque, même très éloigné, avec l'idéal ou la simple tendance libertarienne. Je vous laisse juger.

Cette semaine, je vous cause de la montre parlante, des interminables files d'attente, et des spéciaux-qui-n'en-sont-pas-vraiment. 

Ou si vous préférez, du magasinage des Fêtes, folie s'il en est une; période de l'année où il nous est donné de voir l'homme-machine-à-consommer (et ne parlons pas de sa femme) à son meilleur. Enfin, meilleur pour ceux qui rêvent à l'Apocalypse pour le 1er janvier 2000. Parce que comme c'est parti là, ils risquent tous de mourir de rage dans les stationnements des centres commerciaux.   

Vous savez fort bien que je radote souvent les mêmes affaires: qu'il n'y a pas de liberté sans responsabilité, qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie, et blablabla.   

J'en ai d'autres, des principes, vous savez. Entre autres choses, je déteste – et alors là, vous n'avez pas idée à quel point – les institutions sans signification.   

Et Noël en est une vraie de vraie.   

D'abord, on passe un gros mois à se traîner d'un party archi-dull à l'autre, adoptant deux ou trois kilos au passage et déchirant au moins trois paires de collants. On boit définitivement trop, on fait semblant d'apprécier la compagnie des gens du bureau, on se force sans bon sens pour être gentil avec les chums de la douce moitié, et on se ramasse avec trois nouveaux sets de salière-poivrière en forme de vache ou de Félix-le-Chat.   

Une fortune dépensée en vêtements et une indigestion de petits pains fourrés – vous avez remarqué qu'on n'en mange à peu près jamais le reste de l'année?... Un compte de banque desséché et la gueule de bois qui ne s'évaporera pas complètement avant la Saint-Valentin. Voilà ce qui nous reste.   

Et pourquoi se force-t-on à passer à travers tout ça? Parce que. Parce que c'est Noël et que Noël, c'est comme ça. C'est l'occasion de se rapprocher des gens qu'on se contente d'appeler un fois de temps en temps les 11 autres mois de l'année, de leur offrir des bons d'achats de chez Victoire Delage et de danser en pieds de bas en chantant des chansons idiotes autour d'un sapin artificiel, un verre de styrofoam vissé dans la main.    

Ouache.   

On s'échange nos rouges à lèvres par bajoues interposées et on se passe nos microbes par des voies que je m'éviterai de décrire plus avant. On sourit faussement aux jokes épaisses, mais ÉPAISSES! de MonOncle Tarla en se promettant bien de prier pour qu'il s'enfarge dans ses tapis Sauve-Pantalon avant le Jour de l'An.   

Parce que c'est pas fini; l'épreuve se déroule en deux temps. Une semaine d'intervalle, le temps d'aller échanger les cravates, et ça recommence! C'est reparti pour la tournée de chips et de chocolats fourrés aux cerises, de vodka-jus-d'orange, essayant de survivre dans une atmosphère lourde de dentiers bien lavés et de relents d'Old Spice.   

Oh my, oh my. Quel cauchemar.   

Je ne veux pas être complètement négative; ce ne serait pas bien. Je comprends que pour beaucoup de gens, la période des Fêtes représente l'occasion de briser la routine, de passer des bons moments entre amis ou en famille, et qu'ils apprécient vraiment cette semaine de festivités. Tant mieux pour eux; je m'incline bien bas et je les prie d'accepter mes meilleurs voeux.   

Mais ne me forcez pas à monter dans votre carriole. C'est tout ce que je demande. Laissez-moi haïr le temps des Fêtes comme je l'entends, sans chercher à me convaincre que j'ai tort.   

Je ne veux surtout pas le savoir, si j'ai tort ou pas. Tout ce que je veux, c'est avoir la paix. Tout ce que je souhaite, c'est d'échanger cadeaux et bons moments avec ceux que j'aime quand l'envie m'en prend, que ce soit le 21 juillet ou le 17 mars. Je ne veux pas régler mes effusions de joie sur un calendrier forcé. Et par-dessus tout, je refuse de risquer ma peau chez Eaton, au milieu de la faune qui s'énerve, mais s'énerve.   

En un mot, je déteste le faux et le clinquant. Malheureusement, le temps des Fêtes en est devenu la principale manifestation. C'est triste, très triste.